Une collaboration entre deux écoles reconnues pour leurs formations en design graphique
Depuis sa fondation en 2016, le Master Type Design de l’ECAL a accueilli des centaines d’étudiantes et étudiants provenant de 27 pays. Les caractères créés par ces personnes composent un atlas visuel, culturel et linguistique qui reflète des systèmes d’écriture du monde entier — alphabets, abugidas, abjads, hanzi et kanji — et permettent au public de s’ouvrir à la diversité des langues et des manières de les représenter et de les écrire. Le Master Type Design offre une formation spécialisée en dessin de caractères typographiques en abordant, entre autres, différents systèmes d’écriture, les dimensions techniques de la production de polices ainsi que des questions théoriques de la typographie.
« Cette exposition trouve un écho particulier au Centre de design de l’UQAM. L’ECAL et l’École de design de l’UQAM partagent une même volonté de faire du design un lieu de recherche, d’expérimentation et de réflexion sur notre environnement. En réunissant à Montréal les travaux de l’ECAL et un premier portrait d’envergure de la création typographique québécoise, cette collaboration permet de mettre en dialogue des pratiques issues de contextes internationaux et locaux. Elle révèle aussi au grand public quelque chose que nous côtoyons chaque jour sans nécessairement le voir : les caractères participent pleinement à notre culture et à notre environnement visuel »
Patrick Evans, directeur du Centre de design de l’UQAM
Un premier recensement de la typographie québécoise : Plus de 600 projets québécois en 15 ans
Pour sa présentation au Centre de design de l’UQAM, une collaboration entre l’École de design de l’UQAM et la cohorte 2026-2027 du Collectif 1440 – une fonderie créée en 2025 par des personnes étudiantes de l’École de design – enrichit l’atlas d’un volet local développé par Louise Paradis, professeure à l’École de design. Celui-ci réunit une sélection de 138 créations typographiques réalisées par une diversité de créatrices et créateurs : étudiantes et étudiants, enseignantes et enseignants, designers indépendantes et indépendants, collectifs, studios et fonderies. Cette sélection est issue d’un recensement inédit portant sur quinze années de production locale et documentée dans une publication qui accompagne l’exposition.
Le volet québécois de l’exposition présente également une installation immersive à 360 degrés dans laquelle une trentaine de langues prennent forme à travers des caractères typographiques. L’installation transcrit en temps réel des entretiens menés avec plusieurs designers internationaux et québécois, dans une trentaine de langues — dont le français, l’anglais, le mohawk, l’atikamekw et l’inuktitut, aux côtés de langues telles que l’arabe, le japonais, le coréen, l’hébreu, le russe, le wolof et le créole haïtien. Composées à partir de caractères issus du corpus de l’ECAL et de la sélection québécoise, ces contributions trouvent une résonance particulière dans le contexte québécois, marqué par une pluralité de langues et de rapports à l’écriture.
Le public pourra notamment découvrir Julia Born, une designer graphique suisse, lauréate du Grand Prix suisse de design en 2021 (reconnaissance de carrière) et Fabian Harb, un designer graphique et dessinateur de caractères suisse, cofondateur en 2013 avec Johannes Breyer de Dinamo, une des fonderies indépendantes les plus influentes de la scène typographique internationale contemporaine.
En l’absence d’un portrait d’ensemble existant, l’équipe dirigée par Louise Paradis a mené l’un des premiers recensements systématiques de la création typographique québécoise contemporaine. Au terme de cette démarche quasi exhaustive, la base de données réunissait 601 projets, dont 138 ont été retenus pour l’exposition.
« C’est peut-être là le principal constat de cette recherche : mis en relation, les 601 projets recensés rendent visible, au-delà des formes elles-mêmes, tout un écosystème de pratiques, de trajectoires, de collaborations et de transmissions. À la fois omniprésentes et invisibles, les polices de caractères influencent directement nos manières de communiquer en agissant comme des sortes de médiateurs. Nous espérons que ce recensement servira de base afin de poursuivre la recherche. »
Louise Paradis, professeure à l’École de design de l’UQAM
Quelques repères de la scène typographique québécoise
Fonderies typographiques :
(Une entreprise ou une structure qui conçoit, produit, publie et/ou distribue des polices de caractères)
Coppers and Brasses (fondée en 2011 par Étienne Aubert Bonn et Alexandre Saumier Demers), Feedtype (fondée en 2017 par Anouk Pennel et Raphaël Daudelin) et Pangram Pangram (fondée en 2018 par Mathieu Desjardins) et Collectif 1440 (fonderie étudiante à l’École de design de l’UQAM fondée en 2025).
Caractères marquants créés au Québec :
- Olympic Headline, dessiné par Julien Hébert (studio Principal) pour l’identité du Comité international olympique ;
- Ilisarniq, de Coppers and Brasses, conçu pour la Commission scolaire Kativik, au Nunavik ;
- Latitude, de Judith Poirier, une police d’impression typographique en bois réunissant l’alphabet latin et le syllabaire inuktitut, développée avec Thomassie Mangiok et la communauté inuite.
Membres du corps professoral de l’École de design de l’UQAM en vitrine dans le volet local
Louise Paradis, Judith Poirier, Amandine Alessandra et Matthias Kreutzer.
Profils des commissaires
Matthieu Cortat-Roller dirige le Master Type Design de l’ECAL depuis sa création en 2016. Designer et typographe, il codirige le commissariat d’ECAL Atlas Typographique aux côtés d’Angelo Benedetto qui, de son côté, dirige le Bachelor Design Graphique de l’ECAL. Louise Paradis est professeure à l’École de design de l’UQAM et diplômée de l’ECAL. Elle signe le commissariat du volet québécois de l’exposition, développé en collaboration avec le Collectif 1440.
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